Sauriez-vous mettre des mots sur l’hypersensibilité innée ?

L’hypersensibilité caractériserait 15% environ de la population. Elle est une caractéristique innée. Elle se différencie donc de la sensibilité acquise qui serait due par exemple au développement dans un milieu maltraitant et violent. L’être hypersensible dispose d’un seuil d’excitabilité assez bas ce qui le rend perméable à de nombreux facteurs internes comme externes. Il naît ainsi, grandit ainsi et construit ses habitudes et ses croyances sur la base de cette réactivité chronique sur le mode « hyper ». Voyons les grands traits de l’hypersensible et de sa vie intérieure riche et complexe ; un être le plus souvent décrit comme timide et fragile par ses proches lorsqu’il était enfant.

Une frontière floue avec les contextes

L’hypersensible est touché facilement par les autres et les ambiances. Sa corde sensible ne cesse de vibrer, ce qui provoque par conséquent un désir récurrent de s’isoler pour récupérer. Jusqu’à dans certains cas entretenir volontairement la distance et l’isolement pour ne pas ressentir les choses du quotidien. L’énervement, l’agacement et la fatigue subite peuplent ses journées lorsque beaucoup de choses s’y déroulent. L’hypersensible est un individu qui remarque les subtiles nuances de son environnement et peut être capable de s’attacher à des détails ou de se remémorer des éléments qui surprennent ses congénères. Les odeurs, les bruits, les lumières, les sons, les parfums l’attirent ou le répugnent instinctivement. A ce titre, l’hypersensible sait avec le temps qu’il se doit d’être vigilant à ce qu’il ingère dans son alimentation ou dans ses boissons. S’il sombre dans la dépendance, les médicaments ou les drogues c’est souvent pour trouver une réponse maladroite à l’hyperstimulation chronique de son système nerveux.

Les mille couleurs de la relation aux autres

L’humeur des autres attire son attention plus que la normale du commun des mortels. La douleur de n’importe quelle personne l’atteint comme si la douleur venait de son propre corps. Ses capacités empathiques lui servent tout autant à comprendre les autres, à se faire des amis qu’à s’affaiblir lui-même. Au-delà de sentir la douleur des autres, ce sont aussi leurs besoins qu’il peut percevoir avec le risque de s’épuiser pour y répondre. Lorsqu’il a vécu un évènement ou une rencontre, son mental conserve l’empreinte de ce vécu jusqu’à plusieurs jours après, marquant par là sa tendance à la rumination. Cette empathie innée le conduit souvent à vouloir aider les autres et à choisir des professions où cette caractéristique sera valorisée comme une source d’expertise. A contrario, l’on peut retrouver des hypersensibles qui se plaisent dans des métiers plus « renfermés » où la relation avec les autres est réduite afin de s’aménager une forme de tranquillité.

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Le mode de vie de l’hypersensible

Comme nous venons de le voir la vie professionnelle de l’hypersensible est conditionnée par sa vie intérieure. Soit dans la modalité « j’utilise à plein régime ma sensibilité à des fins de compétences professionnelles », soit dans la modalité « je me réfugie dans un métier calme et routinier pour éviter les sur-stimulations ». A vrai dire, l’hypersensible n’a d’autre choix que d’envisager ce tableau bidirectionnel s’il ne veut pas se noyer dans le flot tumultueux de notre mode de vie contemporain. Sa particularité va donc prioritairement dans le sens d’éviter les scènes de violences auxquelles il ne pourrait répondre, ni donner un sens. Il évite les situations inquiétantes car les changements l’ébranlent et il doit à chaque fois retrouver ses marques. Il a une nature très consciencieuse par sa capacité à saisir les subtilités. Il s’efforce de bien faire et dépense beaucoup d’énergie à ne rien oublier. Surtout qu’en présence d’yeux observateurs, il perd généralement tous ses moyens. L’hypersensible n’a donc vraiment pas d’autre voie que celle d’apprivoiser sa nature propre pour en comprendre les subtilités, ne pas en être la marionnette, la faire accepter des autres et affirmer son identité. Assumer ses choix de vie, valoriser ses décisions sont des éléments de taille qui conditionneront son assertivité pour un chemin plus heureux. En clair, s’acharner à répéter à un hypersensible qu’il doit « se calmer » est tout aussi efficace qu’un traitement médical à base de comprimés neutres en sucre !

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Publié par Christophe WARJAS le 12 Mars 2018 à 21 h 21 min

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