Comment définir l’intuition aujourd’hui ?

Étudier l’intuition est resté longtemps le crédo de l’ésotérisme et de l’occultisme. Auréolée de savoirs magiques, de visions d’anges et de forces fluidiques, l’intuition était restreinte à satisfaire les ambitions du marché des mages, des arts divinatoires et de la voyance pas tout à fait nets. Pendant ce temps dans l’ombre de la guerre froide, c’est un certain projet de l’Armée Américaine qui sans le savoir véritablement contribuait à renforcer le point de vue d’une intuition comme sujet d’étude et de science véritable…

Nous regrettons que la France ne soit pas une terre d’étude de l’intuition et qu’il faille se rendre aux Royaume-Unis, aux USA et autres terres pour se cultiver à ce sujet.

Une autre considération de la conscience

Utiliser la pensée intuitive implique de considérer la conscience sous un angle différent de celui des théories matérialistes héritées du siècle des Lumières. Dans ce nouveau postulat, l’esprit est considéré comme entité à part entière vis à vis du physique. Ils ne dépendent pas l’un de l’autre. Autrement dit, la conscience n’est pas le résultat de la seule vie du corps (toute puissance du point de vue neurologique), le corps avec le cerveau n’en serait donc pas l’origine mais le canal. Les récits rapportés de personnes ayant vécu un état de mort clinique sauvées ensuite par des soins intensifs, ou encore, les récits de personnes ayant subi une chirurgie consistant à vider le corps de son sang et à le refroidir pour opérer (cas des chirurgies de la boîte crânienne) montrent que la conscience continue à fonctionner malgré un corps avec électrocardiogramme et électro-encéphalogramme plats . De plus, nous connaissons tous malheureusement des situations inverses où la conscience semble manifestement absente malgré un corps conservant la vie en état végétatif (cas de coma ou grave lésion du cerveau irréversible).

La conscience vue sous cet angle s’extrait du temps et de l’espace puisqu’elle ne peut être attachée à un substrat appartenant systématiquement au corps physique. La conscience montre une non localité, elle n’est pas créé par le cerveau mais se diffuse à travers lui. De plus, la physique quantique nous apprend que notre conscience est bien plus grande que notre vie mentale car elle se rattache à un réseau de vie et d’énergie. Une sorte de maillage qui nous lie à l’ensemble collectif dans lequel nous évoluons, l’intrication. Parler d’intuition sans considérer l’idée que nous avons tous des liens d’interconnexion et d’interdépendance serait contraire à l’utilisation que nous pouvons faire de l’intuition.

L’intuition et le corps

Éveiller l’intuition requière plusieurs impératifs. Déjà, considérer la conscience sous un angle nouveau et ouvert de façon à vous abstraire des limites d’une pensée rationaliste fermée et ultra matérialiste. Il n’est pas possible d’accéder à d’autres canaux de connaissances et d’informations si vous ne vous estimez pas en capacité d’utiliser une perception plus aiguisée. La manifestation de notre intuition emprunte tous les canaux de nos sens et mobilise l’ensemble de notre système nerveux et de notre corps. Autrefois nous parlions de perceptions extrasensorielles. Ce n’est donc pas tout à fait exacte car l’ensemble de notre corps et de notre réseau neuronal est différemment sollicité et s’articule autrement que pour un raisonnement logique lorsque nous activons le pensée intuitive. Bien que corps et esprit mènent un cheminement pouvant être dissociable nous l’avons vu, les possibilités intuitives sont pourtant pleinement intégrées au vivant pour s’exprimer. Pour utiliser ses capacités intuitives pour son quotidien et les personnes qui nous entourent, il est donc recommandé d’être en pleine possession de ses moyens, de respecter son corps et d’entretenir de saines pensées par ailleurs.

Les capacités intuitives ne sont pas l’œuvre d’anges, de revenants ou d’êtres invisibles merveilleux, elles sont l’œuvre de personnes connaissant le mieux possible leurs émotions, leur corps et les sensations qui en découlent. Cette capacité pleinement intégrée à notre fonctionnement cérébral, requière par conséquent une jouissance pleine et entière de son corps et de sa conscience.

D’une pensée intuitive à une réelle intelligence intuitive

Nous pouvons donc parler d’une intelligence intuitive dans le sens d’un mécanisme qui engendre des pensées sans passer par un raisonnement logique. Cette forme d’intelligence est un processus cognitif d’élaboration de la pensée et de production d’informations au même titre que la logique, l’induction, la déduction et l’apprentissage. Cette forme d’intelligence est étudiée par les sciences cognitives dans son processus neuronal. Mais l’étude de ses propriétés fondamentales nous obligeant à considérer la conscience et la vie sous un angle ouvert et global, les neurosciences n’iront malheureusement pas jusqu’au bout de l’explication. Une part d’incertitude demeure et nécessite de plus amples recherches justement pour reconsidérer la conscience. C’est bien dans cet espace d’incertitude que le marché de l’occultisme prospère…

La mécanique de l’intuition nous touche dans le plus profond de nos processus mentaux et émotionnels. Elle mobilise pour cela des zones peu souvent sollicitées de notre esprit et de notre système nerveux. Surtout lorsque l’intuition est à l’œuvre, elle nous amène à vivre et à observer la vie différemment. Jusqu’à nous faire prendre des décisions décalées car en phase avec une réalité non encore matérialisée dans l’instant présent. Raison pour laquelle, une certaine préparation est nécessaire, tout autant avant qu’après l’expérience intuitive pour supporter certaines « décharges d’informations » contraires à nos croyances en place. Au service de notre libre arbitre et de notre créativité, l’intelligence intuitive éveille notre potentiel à suivre notre chemin de vie et éclaire nos projets. Elle permet de recueillir des informations sur notre histoire, notre personnalité, nos émotions, nos désirs, notre environnement, nos relations sociales, les facteurs concourants à notre réussite ou à nos déceptions… Elle est déconcertante d’honnêteté et de sincérité. Dans ce sens, elle est bien complémentaire au raisonnement logique qui est prédominant à notre époque. Elle s’associe à toutes les autres méthodes de recherche d’information, d’élaboration qui existent déjà.

Pouvant s’appliquer à des projets en apparence inattendus comme les finances, les enquêtes, la gestion RH, l’innovation, la R&D, la recherche, l’audit… elle ne sert pas qu’au développement personnel. Dans cet optique, le but de recourir à l’intuition est toujours le même : recueillir des informations et pouvoir les confronter à ce que l’on connait déjà de façon à entrevoir les meilleures décisions à prendre et à mieux caractériser les variables inconnues ou instables au moment de l’intervention.

Les possibilités sont quasi illimitées à condition d’accepter qu’il ne s’agit pas d’un processus magique et omniscient (comme toute autre approche d’ailleurs). Tous est possible à condition d’y adhérer et de le vouloir. Mais toujours en considérant que l’interprétation et l’analyse que nous pouvons faire après coup d’une expertise intuitive peuvent comporter des limites comme pour toute autre méthode de traitement et d’analyse de l’information. Nous en reparlerons très bientôt dans un prochain article…

Publié par Christophe WARJAS le 2 mars 2018 à 16 h 51 min

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